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Réponse à la lettre ouverte pour la réhabilitation de l’image de la commune de Sermaise

  • Photo du rédacteur: Collectif ORBIA
    Collectif ORBIA
  • 6 juin
  • 3 min de lecture

Madame,

 

J'ai pris connaissance de votre lettre ouverte appelant à la « réhabilitation de l'image de la commune de Sermaise ».

 

Je partage naturellement votre attachement à notre commune et le refus de la voir réduite à une formule caricaturale ou à un épisode industriel qui appartient désormais à son histoire. Nul ne conteste que Sermaise est avant tout un village vivant, rural, accueillant, riche de ses habitants et de son patrimoine.

 

Mais à la lecture de votre texte, une inquiétude apparaît : celle de voir la nécessaire défense de l'image de la commune se transformer en une remise en cause du droit à l'information.

 

Car enfin, que demandez-vous ?

 

Vous demandez aux médias de ne plus diffuser certaines informations, de faire disparaître des archives numériques et de mettre un terme à des communications relatives à la pollution historique du site Gerber.

 

Une telle démarche appelle une observation de principe.

 

Dans une démocratie, ce n'est jamais l'effacement des faits qui rétablit la vérité. Ce n'est jamais l'oubli organisé qui répare les blessures de l'histoire. Ce n'est jamais la disparition des archives qui permet la compréhension des enjeux collectifs.

 

La pollution historique du site Gerber n'est pas une rumeur. Elle n'est pas davantage une invention journalistique. Elle constitue un fait environnemental documenté qui a mobilisé durant des décennies les pouvoirs publics, les services de l'État, les collectivités territoriales et de nombreux citoyens.

 

Rappeler cette réalité ne revient pas à insulter Sermaise.

 

Rappeler cette réalité ne revient pas à stigmatiser les Sarmates.

 

Rappeler cette réalité ne revient pas à nier les qualités de notre commune.

 

Le véritable enjeu n'est pas de savoir si l'on doit parler de cette pollution. Le véritable enjeu est de savoir comment on en parle.

 

Une société libre ne progresse pas par l'effacement de sa mémoire mais par la confrontation sereine des faits.

 

À cet égard, il est étonnant qu'une lettre prétendant défendre l'image de Sermaise consacre plusieurs passages à dénoncer des citoyens, des associations ou des porteurs de projets qui s'intéressent à l'avenir de l'ancien site industriel. Le débat public mérite mieux que des procès d'intention. Chacun est libre de défendre une vision de l'avenir du site, qu'il s'agisse de réhabilitation environnementale, de valorisation patrimoniale ou de création d'espaces naturels. Ces propositions peuvent être discutées, contestées ou approuvées. Elles ne doivent pas être disqualifiées par principe.

 

Plus fondamentalement encore, l'histoire environnementale d'un territoire appartient à l'ensemble des citoyens.

 

Personne n'est propriétaire de la mémoire collective.

 

Personne ne peut décréter qu'un sujet d'intérêt général doit disparaître des moteurs de recherche ou des archives de presse parce qu'il dérange.

 

Les combats écologiques, les pollutions industrielles, les erreurs du passé et les efforts de réparation font partie de notre patrimoine commun. Les connaître est une condition nécessaire pour éviter qu'ils ne se reproduisent demain.

 

Oui, Sermaise mérite mieux que des caricatures.

 

Oui, Sermaise mérite que soient rappelés les efforts accomplis depuis plusieurs décennies.

 

Oui, Sermaise mérite une présentation équilibrée de son histoire.

 

Mais cette réhabilitation ne passera ni par le silence ni par l'effacement.

 

Elle passera par la vérité.

 

Toute la vérité.

 

Celle qui rappelle que notre commune ne se résume pas à un site pollué.

 

Mais aussi celle qui refuse d'effacer l'existence même de cette pollution historique et les questions qu'elle continue de soulever.

 

La République n'a jamais eu peur des faits.

 

Elle n'a jamais eu peur du débat.

 

Elle n'a jamais eu peur de la mémoire.

 

C'est précisément ce qui fait sa force.

 

Veuillez agréer, Madame, l'expression de mes salutations respectueuses.

 

Pascale AUGIAT

Coordinatrice du Collectif ORBIA

 

 


 
 
 

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