top of page
Rechercher

GERBER : Recommandations EACM… verdict : peut mieux faire !

Photo du rédacteur: Collectif ORBIA
Collectif ORBIA
30 sept.
6 min de lecture

Après réception des recommandations d’EACM sur la gestion à long terme du site GERBER, les associations signataires ont souhaité adresser un premier courrier à l’ADEME.


Plusieurs questions majeures restent en suspens : la protection de l’eau potable, les risques liés aux crues, la surveillance des pollutions et des sédiments, les risques sanitaires liés à la pêche, mais aussi la sécurité du site et de ses berges.


Au-delà de la seule surveillance, une question essentielle demeure : quelle ambition pour GERBER à long terme ?


Dépollution, maîtrise des sources de pollution, anticipation des prochaines crues, protection des populations et, à terme, renaturation du site : ces enjeux doivent être abordés de manière cohérente et transparente.


Les associations demandent donc des réponses précises à l’ADEME, ainsi qu’une véritable concertation avec les riverains, les associations et les élus locaux avant toute décision.


Lettre ouverte à l'ADEME :


Bonjour Monsieur,


Nous vous remercions pour la transmission de la « Note de recommandations pour la gestion du site à long terme » établie par le bureau d’études EACM pour le compte de l’ADEME.


Le présent message est cosigné par l’ensemble des associations de protection de l’environnement mentionnées en bas de ce courrier, qui souhaitent ainsi vous faire part de leurs premières observations communes.


Nous allons naturellement procéder à une analyse approfondie de cette note, ainsi que de sa mise en perspective avec l’étude historique et le cahier des charges. Un second message vous sera adressé à l’issue de cette analyse afin de vous faire part de nos observations et interrogations plus détaillées.


D’ores et déjà, plusieurs points appellent toutefois notre attention.


1. Sur l’examen des solutions techniques et leur actualisation


Le cahier des charges précise notamment :


« Les coûts des solutions proposées en 2005 pour maîtriser voire supprimer les sources de pollution devront être actualisés. Existe-t-il, au regard des technologies disponibles aujourd’hui, d’autres solutions techniques qui pourraient être étudiées dans le cadre d’un plan de gestion et d’un plan de conception de travaux ? Si oui, quels sont les avantages, inconvénients et coûts estimatifs associés ? »


Lors de la CSS de juillet dernier, nous avions précisément fait part de notre étonnement de ne pas trouver de réponse à cette question dans l’étude. Il nous avait alors été indiqué que ce point serait traité dans les recommandations.


Or, à la lecture de celles-ci, nous ne retrouvons pas, à ce stade, l’analyse comparative attendue sur les solutions techniques aujourd’hui disponibles, ni leur intérêt respectif, leurs avantages et inconvénients, ou encore leur ordre de grandeur financier.


Nous souhaiterions donc comprendre comment ce point du cahier des charges a été traité et, le cas échéant, où il convient de retrouver cette analyse dans les documents transmis.


2. Sur le risque d’inondation et la nécessité d’anticiper dès à présent une éventuelle nouvelle crue


La note de recommandations rappelle que, selon le DICRIM de la commune de Sermaise, le site GERBER est situé dans une zone exposée au risque d’inondation par débordement de l’Orge.


EACM recommande, à l’occasion d’un prochain épisode de crue et après la décrue, de réaliser des prélèvements de sédiments dans l’Orge, en amont et en aval hydraulique proche du site, afin d’identifier l’impact éventuel que pourrait avoir le site GERBER.


Cette recommandation nous paraît pertinente, mais elle soulève une question essentielle : qui sera chargé d’agir et selon quel protocole lorsqu’une nouvelle crue surviendra ?


Le contexte climatique actuel, comme les épisodes de crue déjà observés, conduit à considérer qu’un nouvel épisode significatif ne peut être écarté. Il nous paraît donc indispensable que l’organisation de cette intervention soit réfléchie et préparée en amont, afin que les services concernés ne soient pas pris au dépourvu le moment venu.


Cette question a d’ailleurs déjà été soulevée lors de la dernière CSS. Le Syndicat de l’Orge avait alors indiqué que l’analyse des polluants au droit du site GERBER ne relevait pas de ses prérogatives, tandis que l’ADEME avait précisé ne pas être organisée pour intervenir dans des situations d’urgence.


Dès lors, quel acteur sera responsable de la mise en œuvre de ces prélèvements ? Quelle procédure sera déclenchée ? Selon quelle méthode, avec quels laboratoires et dans quels délais ? Et quelle autorité sera chargée d’en exploiter les résultats et, le cas échéant, de prendre les mesures qui s’imposeraient ?


Il nous semblerait particulièrement souhaitable qu’un plan d’action soit défini dès maintenant avec les services compétents.


Nous nous interrogeons également sur le choix consistant à attendre une nouvelle crue pour procéder aux premiers prélèvements. La réalisation, dès à présent, d’un état initial de référence des sédiments en amont et en aval du site ne permettrait-elle pas de disposer d’un point de comparaison objectif lors d’un prochain épisode de crue ? Une telle démarche pourrait, à notre sens, renforcer considérablement la pertinence scientifique et opérationnelle du dispositif préconisé par EACM.


3. Sur la vision à long terme et la perspective de renaturation du site


Un point nous interpelle particulièrement : le manque de vision à long terme qui ressort, à ce stade, des recommandations.


Lors des entretiens menés dans le cadre de l’étude, le Collectif ORBIA, les associations de protection de l’environnement et les riverains ont pourtant largement évoqué la perspective d’une renaturation du site GERBER, avec les enjeux qui lui sont associés en matière de reconquête environnementale, de continuités écologiques, de gestion de l’eau et de valorisation des espaces situés au bord de l’Orge.


Cette perspective nous paraît d’autant plus importante que le cahier des charges invite précisément à inscrire la réflexion dans une logique de gestion à long terme du site.


Même si le choix entre les scénarios 1 et 2 n’est pas, à notre compréhension, explicitement formulé par EACM dans les recommandations, la lecture de celles-ci nous conduit à comprendre que le scénario 2 apparaît comme celui vers lequel les préconisations s’orientent.


Si tel est bien le cas, il nous semblerait important que cette orientation soit clairement explicitée et qu’elle puisse être mise en perspective avec une réflexion sur le devenir du site après la maîtrise des sources de pollution.


La question ne nous paraît en effet pas pouvoir être limitée à celle de la seule gestion des pollutions existantes. Elle doit également porter sur la destination future de cet espace et sur la possibilité de transformer progressivement un ancien site industriel en un espace renaturé, intégré à son environnement et à la trame écologique de la vallée de l’Orge.


4. Sur les développements relatifs au PLU, à l’entretien des berges et à la clôture du site


Nous souhaitons également revenir sur les développements relatifs au PLU, à l’entretien des berges et à la clôture du site. Certaines affirmations nous étonnent par leur caractère particulièrement péremptoire, alors qu’elles ne nous semblent pas réellement étayées dans la note.


Plus largement, ces affirmations ne nous semblent pas clairement découler du cahier des charges de la mission. Nous nous interrogeons donc sur les questions précises qui ont été posées à EACM et sur l’origine de ces développements. Nous souhaiterions que l’ADEME puisse nous préciser dans quel cadre ces éléments ont été demandés et sur quels fondements juridiques ils reposent.


5. Sur certains enjeux sanitaires identifiés dans l'étude mais insuffisamment traduits dans les recommandations


L'étude EACM met en évidence plusieurs voies d'exposition potentielles qui mériteraient, selon nous, d'être davantage traduites dans les recommandations opérationnelles.


C'est notamment le cas de la possibilité de migration de substances à travers les canalisations d'alimentation en eau potable. L'étude relève que certaines canalisations peuvent être en contact ou à proximité de la nappe alluviale et souligne que, compte tenu de l'absence d'information suffisamment précise sur la localisation et la profondeur des réseaux dans certains secteurs résidentiels, cette voie d'exposition ne peut être écartée sans investigation complémentaire.


De même, l'étude identifie la consommation de produits issus de la pêche comme une voie d'exposition potentielle et fait apparaître la pêche parmi les usages sensibles à considérer en aval du site, notamment au niveau du bassin de Trévoix.


Or, si la note de recommandations prévoit une actualisation de l'évaluation des risques sanitaires et une enquête de terrain destinée à préciser les usages et les récepteurs, elle ne formule pas, à notre compréhension, de recommandation spécifique permettant de documenter ces deux enjeux : localisation et vulnérabilité des réseaux d'eau potable d'une part, et caractérisation du risque lié à la pêche et à une éventuelle bioaccumulation dans la chaîne alimentaire d'autre part.


Nous souhaiterions donc comprendre comment ces voies d'exposition seront concrètement prises en compte dans la suite de la démarche et, le cas échéant, que les investigations nécessaires soient explicitement intégrées aux recommandations.


Nous reviendrons plus précisément sur ces différents sujets après une lecture approfondie de la note de recommandations et de sa mise en regard avec l’ensemble des éléments de l’étude.


Par ailleurs et avant toutes décisions, nous demandons une concertation avec toutes les parties prenantes, associations, riverains et élus locaux.


Sur l’ensemble des points évoqués dans ce courrier, nous sommes donc dans l’attente d’un premier retour de votre part, par email à collectiforbia@gmail.com.


Nous vous remercions à nouveau pour cette transmission et vous prions de croire, Monsieur, à l’assurance de nos salutations distinguées.


Pour l’ensemble des associations signataires,


Essonne Nature Environnement

Fédération des associations de protection de l’environnement de la haute vallée de l’Orge

Sermaise Environnement

Collectif ORBIA

Dourdan Environnement

Les représentants des riverains aux CSS

 
 
 

Commentaires


bottom of page