top of page
Rechercher

Pourquoi le site GERBER inquiète les experts !!!

  • Photo du rédacteur: Collectif ORBIA
    Collectif ORBIA
  • 27 juin
  • 3 min de lecture


Pendant longtemps, l'ancien site industriel GERBER de Sermaise a été considéré comme un site pollué placé sous surveillance. Pourtant, la récente étude réalisée pour l'ADEME apporte un constat essentiel : Le véritable enjeu n'est plus seulement la pollution historique du site, mais la possibilité que cette pollution continue, aujourd'hui encore, d'interagir avec un environnement hydrologique d'une exceptionnelle sensibilité.


Pourquoi ? Parce que ce qui se trouve sous nos pieds n'est pas isolé.


Sous le site circule une nappe phréatique très proche de la surface, directement connectée à la rivière de l'Orge et à la nappe de la craie, ressource stratégique pour l'alimentation en eau potable. En l'absence de véritable barrière géologique étanche, l'eau circule en permanence entre ces différents milieux, créant des conditions favorables au déplacement des polluants.


L'étude EACM identifie plusieurs voies possibles de transfert : les eaux souterraines, les échanges avec la rivière, le transport par l'Orge, la remise en suspension des sédiments lors des crues ou encore la dispersion de poussières. Elle évoque également une voie moins connue : les réseaux enterrés, notamment les canalisations d'eau potable. Dans certaines conditions, certains composés volatils peuvent migrer au travers des matériaux des conduites ou pénétrer dans le réseau par des défauts d'étanchéité. L'étude ne conclut pas que ce phénomène est aujourd'hui observé à Sermaise, mais considère qu'il constitue une voie potentielle de transfert qui mérite d'être prise en compte.


Cette vulnérabilité est renforcée par le fait que le site se situe en zone inondable. Lors des crues, le lessivage des sols, l'érosion des berges ou la remise en suspension des sédiments peuvent favoriser la mobilisation de polluants encore présents.


Après plus de vingt ans de surveillance, l'étude souligne également que plusieurs hypothèses retenues au début des années 2000 doivent aujourd'hui être réévaluées. Les mécanismes naturels de dépollution semblent avoir été moins efficaces qu'espéré et certaines concentrations importantes persistent dans les eaux souterraines. Parallèlement, les connaissances scientifiques ont considérablement évolué, qu'il s'agisse de la toxicologie, des voies d'exposition ou de la compréhension des échanges entre les nappes et les milieux aquatiques.


Enfin, les analyses réalisées en 2026 à l'initiative du Collectif ORBIA dans les sédiments de l'Orge ont mis en évidence plusieurs contaminants historiques compatibles avec ceux présents sur le site. Si ces résultats ne permettent pas d'en attribuer l'origine avec certitude, ils renforcent la nécessité de poursuivre les investigations pour mieux comprendre les mécanismes de transfert.


L'étude EACM ne conclut pas à une urgence sanitaire immédiate. En revanche, elle montre que le site reste particulièrement vulnérable et que de nombreuses incertitudes subsistent quant à l'évolution des pollutions dans le temps.


Face à ces constats, le principe de précaution doit guider les décisions à venir. Il apparaît désormais indispensable d'actualiser les évaluations sanitaires et environnementales, d'approfondir les connaissances sur les transferts de pollution et d'étudier des solutions permettant de réduire durablement les sources de contamination.


Car sur un site aussi sensible, la véritable question n'est plus seulement de savoir ce qui reste enfoui dans les sols, mais de comprendre où cette pollution peut encore se déplacer demain, notamment vers l'Orge, les milieux naturels et la ressource en eau potable.


La prochaine Commission de Suivi de Site (CSS) se tiendra le 2 juillet sous l'autorité de la sous-préfecture. Cette instance, qui réunit généralement une fois par an les services de l'État, les collectivités, les exploitants, les associations et les représentants des riverains, constitue un moment essentiel d'information et d'échange sur l'évolution du dossier.


À cette occasion, le Collectif ORBIA et les représentants des riverains et des associations, solliciteront des réponses claires sur les interrogations soulevées par cette étude ainsi que sur les suites qui seront données par les pouvoirs publics.

 


 
 
 

Commentaires


bottom of page